Mikhaïl CHICHKINE
Écrivain russe, Mikhail Chichkine entre en littérature en 2000 avec La Prise d'Izmail, qui remporte le prestigieux prix Booker russe. Son ouvrage est traduit en français en 2003. Il est également lauréat, en 2005, du prix du Meilleur Livre étranger pour son essai Dans les pas de Byron et Tolstoï - Du lac Léman à l'Oberland bernois ainsi que du prix Bolchaïa Kniga, en 2011, pour Deux heures moins dix. Considéré comme l’un des auteurs les plus importants de la littérature russe contemporaine, Chichkine s’oppose au régime de Poutine depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Sa dernière œuvre, Le Bateau de marbre blanc, publiée en 2025 aux éditions Noir sur Blanc, est un recueil d’essais qui s’oppose clairement par l’écriture au Kremlin de Vladimir Poutine, moqué en « patriarche dictateur ».
Bibliographie
- La Prise d'Izmail (trad. Marc Weinstein), Fayard, 2003
- Dans les pas de Byron et Tolstoï : du lac Léman à l'Oberland bernois (trad. Colette Kowalski), Noir sur Blanc, 2005
- Le Cheveu de Vénus (trad. Laure Troubetzkoy), Fayard, 2007
- La Suisse russe (trad. Marilyne Fellous), Fayard, 2007
- Deux heures moins dix (trad. Nicolas Véron), Noir sur Blanc, 2012
- Le Manteau à martingale (trad. Maud Mabillard), Noir sur Blanc, 2020
- La Paix ou la guerre. Réflexions sur le “monde russe” (trad. Odile Demange), Noir sur Blanc, 2023
- Le Bateau de marbre blanc (trad. Maud Mabillard et Odile Demange), Noir sur Blanc, 2025
Résumé de l'œuvre
À quoi sert la littérature, si elle n’a pas pu empêcher le Goulag, ni l’invasion de l’Ukraine par la Russie ? Voici la question fondamentale que pose Mikhaïl Chichkine dans ce recueil de textes consacrés à de grands écrivains (Dostoïevski, Gogol, Tchekhov…) et musiciens russes (Prokoviev, Rachmaninov, Chostakovitch).
À travers un kaléidoscope de personnages, d’événements et de symboles, Chichkine nous raconte « l’âme russe » qui, comme il le rappelle, est un concept inventé par un voyageur allemand. Plusieurs essais évoquent la confrontation entre l’artiste et le pouvoir, ou encore la question, cruciale pour l’auteur, de l’émigration : peut-on emporter son pays avec soi, et peut-on créer hors de la Russie, quand on est russe ?
Dans Le Bateau de marbre blanc, Chichkine montre que l’écrivain, le peintre, le musicien, pressent ce qui va arriver dans le futur. Le carré noir de Malevitch constitue sa vision du XXe siècle qui s’ouvre : la Première Guerre mondiale, la guerre civile, le Goulag. Aujourd’hui, le pouvoir despotique en Russie tente de briser la culture de son propre pays ; mais la littérature russe continue à vivre, par les textes, et à faire entendre des voix dissidentes.