Auteur / Autrice

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Milena
Agus
Photo de Milena Agus prise par Daniela Zelda
Biographie

Professeure de littérature et d’histoire en Italie, Milena Agus obtient en France un très grand succès avec Mal de pierres (Liana Levi, 2007) avant de conquérir de nombreux lecteurs à travers le monde. Ce premier roman est récompensé par le Prix Relay d’Évasion et adapté au cinéma en 2016 par Nicole Garcia. Toute son œuvre est dominée par la présence sensible de son île natale, la Sardaigne, dont les paysages, la langue et la persistance de son identité confère à ses romans, pleins d’humour, tendres et profonds, une saveur sans pareille.  Une saison douce paraît en 2022 aux éditions Liana Levi.

Bibliographie
  • Mal de pierres, Liana Levi, 2007
  • Battements d’ailes, Liana Levi, 2008
  • La Comtesse de Ricotta, Liana Levi, 2012
  • Prends garde, Liana Levi, 2015
  • Terres promises, Liana Levi, 2018
  • Une saison douce, Liana Levi, 2021
Résumé de l'oeuvre

Une saison douce, Liana Levi, 2021

 

Dans l’arrière-pays italien, en plein milieu des terres sardes, la vie des habitants de Campidanese est plutôt paisible. Or, une arrivée massive de migrants vient très vite bouleverser le quotidien routinier des villageois. Perçus comme des envahisseurs, les nouveaux venus tenteront de s’intégrer dans ce « coin perdu » que même les trains ne desservent plus. Mais dans cette situation pleine de trouble et d’absurde émerge l’éventualité d’un avenir commun entre vergers et potagers, lieux pleinement propices au partage dans cette saison douce qu’est l’été. Milena Agus propose un roman plein de vitalité et d’espoir au sujet des rapports humains, et tisse en filigrane une ode à la tolérance.

Extrait de l'oeuvre

« À l’arrivée des envahisseurs, les propriétaires de la seule demeure décente étaient ces Dames, donna Ruth et mademoiselle Lina, la veuve et la fille célibataire de l’ancien Maire.
Il y avait ensuite la maison de Bissente et de sa femme, que nous appelions le Pou parce qu’elle avait été pauvre et qu’à présent, elle se donnait de grands airs et faisait la fière derrière la caisse de l’épicerie.

C’était une vilaine construction moderne, sans charme aucun et démesurée, par rapport au jardinet tout mesquin qui l’entourait où elle donnait la fâcheuse impression d’une tête énorme sur un corps minuscule. Mais le Pou l’avait désirée ainsi, remplie de pièces, pour les enfants qu’ils n’avaient jamais eus. 

Le train ne s’arrêtait plus chez nous, il passait en sifflant et en nous ignorant, parce que nous n’étions même plus une commune, rien qu’un hameau baignant dans le silence : le Maire, les urgences médicales et le curé se trouvaient au village voisin.

Des sentiers boueux serpentaient entre les murs de ce qui avait été jadis des potagers et des jardins, où à présent n’importe qui pouvait entrer puisque leurs portillons, dépourvus de cadenas, étaient ouverts et grinçaient à tous vents. Les rares boutiques du village vendaient toutes sortes de marchandises, de la mortadelle au cirage, comme autrefois, sans aucune spécialisation, leurs enseignes pendouillaient, ou bien il leur manquait des lettres.