Auteur / Autrice

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François
Durif
Photo de François Durif
Biographie

François Durif, né le 22 juin 1968 à Clermont-Ferrand, vit, travaille, meurt et renaît à Paris. Depuis l’obtention de son diplôme à l’École des beaux-arts de Paris (1997), chacune de ses installations éphémères a donné lieu à la production de textes et à des actions in situ. Sa pratique d’écriture ne cesse de s’interroger sur le statut de l’artiste. Ses textes relèvent de la littérature d’exposition et, selon le contexte, prennent la forme d’un journal, d’une lettre, d’un tract ou d’un poème. De ses expériences multiples hors du monde de l’art, François Durif en fait son matériel de prédilection, en se tenant à une écriture qui lui permet de relier les moments de vie et d’éprouver le désir d’artiste. Par ces actions in situ, il assume le risque d’une pratique discontinue et développe un art de la discrétion. Il écrit régulièrement sur le travail de ses contemporains et publie ses textes dans des revues d’arts. Vide sanitaire est son premier roman.

Bibliographie
  • Vide sanitaire, Verticales, 2021
Résumé de l'oeuvre

Vide sanitaire, Verticales, 2021

 

A la manière d’une performance promenée au cimetière du Père-Lachaise, François Durif imagine une narration itinérante. Il alterne entre les souvenirs marquants et les lectures liées à son ancien métier de « croquemort », tout en s’improvisant chroniqueur de ses « passages à vide ». Il revient sur son enfance auvergnate, sa découverte des lieux de drague gay parisiens et sa confrontation aux portes étroites du monde de l’art.

« Vous voulez travailler avant ou après la mort ? m’a demandé sans sourciller la dame du bilan de compétences, et moi, comme un con, j’ai répondu : Après. C’est comme ça que je me suis retrouvé à œuvrer pendant trois ans dans les pompes funèbres. Bizarrement, ce métier m’a remis dans le mouvement de la vie. Lent dégel. Comme si j’étais venu me réchauffer auprès des familles endeuillées. » 

Extrait de l'oeuvre

« Je suis ici parce que Amandine, une amie, avant de quitter Paris, m’avait demandé d’organiser une promenade au Père-Lachaise, son appartement surplombant le cimetière. C’était il y a déjà deux ou trois ans. Et puis, ça a pris une tournure inattendue : les jours qui ont précédé cette virée, j’étais en transe, j’ai rouvert toutes mes boîtes d’archives ; et de relire tous ces papiers anciens, la tête me tournait. Aussi ai-je décidé de saisir cette occasion pour comprendre les raisons intimes qui m’ont fait entrer dans les pompes funèbres, aussi bien que celles qui m’en ont fait sortir. Le contexte était suffisamment amical pour me le permettre. Depuis que j’ai quitté L’Autre Rive, je n’arrête pas d’en parler, ne cesse de revenir sur cette expérience, comme si je ne m’en étais pas vraiment remis. Suis-je ici pour me déprendre de celui que j’étais alors ? Aucune raison d’embaumer le souvenir de ces « années pompes funèbres ». Peut-être ai-je plus appris en ces trois années passées à L’Autre Rive que durant celles passées dans les allées surexposées du monde de l’art. »